La question de la succession à la présidence de la Commission de l'Ua est l’un des sujets de débats du 18e sommet des chefs d'État de l'Ua qui va se dérouler à Addis-Abeba les 29 et 30 janvier 2012. Le président de la Commission de l’Union africaine Jean Ping a ouvert hier jeudi 26 janvier
2012 à Addis-Abeba, en Ethiopie le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union africaine (Ua). Son discours d'ouverture a porté sur le bilan de l'année 2011 marquée principalement par les crises ivoiriennes et le «Printemps arabe». Jean Ping, a noté que 2011 avait « sans doute été l’année la plus difficile» que l’organisation ait connue. Le président sortant de la Commission de l’Ua a d’abord évoqué les « deux crises très graves, en Côte d’ivoire et en Libye » auxquelles l’Ua a été confrontée. Il a ensuite cité « les soulèvements pacifiques et populaires en Tunisie et en Égypte, qui ont été accueillis comme annonciateurs de la nécessité de consolider la démocratie en Afrique. Il nous a fallu à ce sujet faire preuve de créativité », a-t-il précisé.
Regrets
Au sujet des relations entre l’Organisation panafricaine et le Conseil national de Transition (Cnt)libyen que l’Ua avait finalement reconnu en septembre 2011comme légitime, Jean Ping a déclaré qu’elle étaient bonnes, même s’il a regretté que la feuille de route proposée par le Conseil paix et sécurité de l’Ua «qui demeure valable à ce jour», ait été «superbement ignorée». Après avoir tergiversé au début et pendant la révolution libyenne, l’Union africaine qui avait toujours refusé de reconnaître le Conseil national de transition libyen, organe politique de la rébellion contre Mouammar Kadhafi, comme représentant légitime du peuple, l’avait fait en septembre 2011. L’Ua avait conduit de nombreuses et vaines tentatives de médiation entre Mouammar Kadhafi et la rébellion, avant de finalement reconnaître le Cnt. Jean Ping avait exprimé ses appréhensions sur la tempête du « printemps arabe » : « Si le mouvement a commencé comme un peu partout, par des manifestations pacifiques qui ont été durement réprimées, ce que nous avons d’ailleurs tous condamné, très vite, cela a dégénéré en affrontement fratricide avec(…)des risques de partition et même de somalisation», avait-il souligné.
Election du président de la Commission : sujet principal
L’élection du nouveau président de la Commission de l’Ua risque d'éclipser les autres sujets à l‘ordre du jour du sommet : l'insécurité dans la bande sahélo-saharienne, les tensions entre le Soudan et le Sud du Soudan, les difficultés financières de l'Organisation, ainsi que le suivi des crises telles que la Somalie, Madagascar, la Rdc, etc. Candidat à sa succession pour la présidence de la commission de l'Ua, Jean Ping est resté muet ou silencieux lundi sur l'élection du nouveau président de la Commission. Le sujet apparemment le plus important à Addis-Abeba. Le Gabonais va affronter l'actuelle ministre sud-africaine de l'Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma. Au terme d’une élection dont les résultats sont très attendus, les chefs d’État et de gouvernement qui se retrouveront dans la capitale éthiopienne dimanche et lundi prochain vont trancher la question de la succession du président de la Commission de l’Union africaine. Les dirigeants africains inaugureront à cette occasion le nouveau siège de l’Ua.
Le président de la Commission de l’Union africaine (Ua) a effectué le 16 janvier 2012 une visite à Tripoli, en Libye. Cette visite était intervenue pendant que Jean Ping est en campagne pour succéder à lui même au poste qu’il occupe. C’était son premier voyage dans ce pays depuis la chute du colonel Mouammar Kadhafi, assassiné le 20 octobre 2011 à Syrte. Jean Ping s’était entretenu avec le ministre libyen des Affaires étrangères, Achour Ben Khayal. Les deux hommes avaient évoqué divers sujets dont l’aide de l’Union africaine à la Libye et le prochain sommet de l’Union africaine. L’organisation panafricaine veut contribuer au rétablissement de la sécurité et à la reconstruction de la Libye. Jean Ping avait profité de l’Assemblée générale de l’ONU, fin septembre à New York, pour lancer sa propre campagne.
Jean Ping compte d’abord sur le soutien de son pays, le Gabon.
Certains doutaient de la réalité du soutien de Libreville à Jean Ping qui tient à un deuxième mandat. Jean Ping s’était senti «lâché» par Ali Bongo Ondimba qui l’avait soupçonné de vouloir briguer la succession de son défunt père Omar Bongo Ondimba. Pour lever toute équivoque, les autorités gabonaises avaient dû publier, fin décembre, un communiqué pour appuyer sa candidature. Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a personnellement écrit à ses pairs. Des émissaires avaient également été dépêchés dans plusieurs capitales africaines afin de solliciter le soutien des chefs d’Etat et des organisations sous-régionales. Pour soutenir sa candidate Nkosazana Dlamini-Zuma, l’Afrique du Sud avait aussi dépêché des émissaires dans la plupart des pays africains dont le Cameroun, voisin du pays du candidat concurrent. Entre le gabonais Jean Ping et la Sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, la bataille diplomatique est rude pour remporter la présidence de la Commission de l'Union africaine.
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