Dette: Ce que le Cameroun a fait des 1072,614 milliards empruntés en 2017

Cet argent contracté en moins de six mois, a été orienté vers certains projets. Parmi lesquels les infrastructures routières, l’électricité, et le transport, pour ne citer que ceux-là

.On avait imaginé ce mois de juin déterminant pour le Cameroun. Dernier mois du premier trimestre, c’est souvent à partir de là qu’apparaît le vrai visage de l’économie. La bonne santé des activités commerciales (pétrole, matières premières, exportations, collecte des impôts, performance de l’administration douanière, etc.), ou les piètres performances de celle-ci. Même si la mauvaise performance de l’administration fiscale semble être passée inaperçue, une autre mauvaise performance, celle de la dette, n’a pas manqué d’attirer l’attention de l’opinion. Avec comme goutte d’eau qui a fait déborder le vase, le prêt de près de 666,2 milliards Fcfa accordé par le Fmi au Cameroun. Une information qui, contrairement à ce qu’elle voulait laisser croire, a été assimilée comme une perfusion posée par l’organisme de Bretton Woods sur le Cameroun. Au moment où le pays dépassait la barre des 1000 milliards Fcfa d’emprunts contractés auprès de divers organismes bancaires en six mois seulement.

Alors que les craintes au sujet du pic d’endettement croissent au rythme de celui-ci, la question de savoir ce qu’a fait le Cameroun de tout cet argent se pose. Et la réponse peut être simple. Depuis 2017, le Cameroun a emprunté de l’argent pour quatre secteurs principaux. Les infrastructures routières, qui ont capté près de la moitié de l’argent (un peu plus de 386 milliards Fcfa), la mise à niveau des infrastructures électriques (autour de 259 milliards Fcfa), et le développement des infrastructures de transport, pour ne citer que ceux-là.

Et contrairement aux annonces du ministre des Finances et de son collègue de l’Economie, les projets qui ont bénéficié desdits financements n’auront pas une incidence à très court terme sur l’économie ou sur le niveau de vie du camerounais. A titre d’exemple, le projet de remise à niveau du réseau de transport d’électricité et de réforme du secteur, implémenté par la Société nationale de transport d’électricité (Sonatrel) court jusqu’en 2020. Et sa mise en place devrait dépendre de la bonne synergie entre les autres acteurs du secteur que sont Eneo et EDC, qui assurent la gestion de certains barrages hydroélectriques. Comme autre exemple, on peut citer le prêt d’un montant de 326,42 milliards Fcfa signé en avril dernier avec EximBank Chine (prêt préférentiel crédit-acheteur, et 89,4 milliards Fcfa en crédit concessionnel) pour la réalisation des travaux de construction de la deuxième phase du Port en eaux profondes de Kribi. Ceci, alors que depuis la fin de la première phase en 2014, aucun bateau n’avait encore accosté (l’accostage aura lieu quatre mois après la signature de l’accord de prêt).

Pour rappel, au 31 mai 2017, l’encours de la dette publique est estimé à environ 5 383 milliards Fcfa. Un montant qui représente 30,3% du PIB. La dette publique directe est évaluée à 5 021 milliards, soit 28,2% du PIB, et représente 93,6% de cet encours, contre 6,4% de dette avalisée y compris les avances statutaires tirées auprès de la Beac évaluées à 281 milliards Fcfa. Cet encours a connu une augmentation de 1,6% en glissement mensuel et 13% en glissement annuel. S’agissant particulièrement de la dette publique directe, elle est composée de celle de l’extérieur à hauteur de 3991 milliards (22,4% du PIB), et de celle de l’intérieur estimée à peu près à 1047 milliards Fcfa (5,9%). Le service de la dette publique réglée par l’Etat au cours des cinq premiers mois de l’année 2017 s’élève à 209,4 milliards, dont environ 111,2 milliards au titre de la dette intérieure et 98 milliards pour le compte de la dette intérieure. 

Frégist Bertrand Tchouta

 

 

Encadrés

Tableau 1 : Quelques prêts contractés par le Cameroun en 2017

Programmes/Projets

Montant

(en milliards FCfa)

Programme de mise à niveau des réseaux publics de transport d’électricité

59

financement du projet de construction des ouvrages d’évacuation de l’énergie électrique du barrage hydroélectrique

 

bitumage de la phase I de ce tronçon dont la phase II ira de Lena et s’achèvera à Ngaoundéré

176

projet de développement du secteur des transports.

113,086

Construction de la deuxième phase du Port en eaux profondes de Kribi

326,42

Projet d’appui au secteur des Transports, Phase II : Réhabilitation de la route Yaoundé-Bafoussam-Babadjou ; aménagement des routes Grand Zambi-Kribi et Maroua-Bogo-Pouss, section Bogo-Pouss

177,208

seconde phase de la route Sangmelima (Cameroun) et Ouesso (Congo)

33

Projet de remise à niveau du réseau de transport d’électricité et de réforme du secteur, implémenté par la Société nationale de transport d’électricité (Sonatrel)

200

projet de développement de l’élevage (PRODEL)

 

60

 

 

Rate this item
(0 votes)

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.

Restez Connecté

Les Reactions

La Griffe d'abou

  • La griffe d'abou du 20/06/2017
    La griffe d'abou du 20/06/2017
  • La griffe d'abou du 19/06/2017
    La griffe d'abou du 19/06/2017
  • La griffe d'abou du 18/06/2017
    La griffe d'abou du 18/06/2017
Go to top