Liberté de manifestation : Le député Nintcheu condamne

Dans un communiqué de presse rendu public le 30 septembre 2017, le président du comité exécutif régional du Sdf pour la Littoral dénonce avec vigueur le musellement de l’opposition au profit du Rdpc qui bénéficie de la liberté de se déployer à travers le territoire national

 

Selon un communiqué de presse signé du bouillant député Sdf de Wouri-est et surtout président régional du premier partie de l’opposition dans la région du Littoral, «Le Sdf Littoral a été informé de ce que le ministre d'État, Laurent Esso organisera ce dimanche pour le compte du Rdpc, une marche dite de «soutien aux institutions» dans les artères de la ville de Douala. Marche autorisée par les autorités administratives.

Le Sdf Littoral dénonce avec la dernière énergie cette attitude discriminatoire des autorités administratives de la ville qui, sous le fallacieux prétexte de risque de troubles à l'ordre public, avaient mobilisé d'importants moyens sécuritaires pour interdire le meeting suivi d'une marche que le parti projetait d'organiser le 04 mars dernier et qui avait pour unique objectif l'éducation et la sensibilisation au fédéralisme.

L’élu du peuple indique surtout que «le Sdf Littoral prend à témoin une fois de plus l'opinion nationale et internationale sur la partialité outrancière et irresponsable des autorités administratives de la ville de Douala. Celles-ci ont résolument décidé d'ériger le système hideux d'apartheid de deux poids deux mesures comme mode de sélection des partis politiques autorisés à organiser une manifestation publique dans la ville de Douala».

Et il conclut, menaçant: «face à cette pratique à géométrie variable, le Sdf Littoral organisera dans les prochains jours un meeting dans la ville de Douala. Les différentes articulations de ce meeting seront communiquées en temps opportun. Le Sdf Littoral n'acceptera plus pareille forfaiture».

Le député est d’autant plus furieux qu’en mars 2017, un meeting qu’il avait projeté d’organiser dans la ville de Douala avait été interdit par le sous-préfet de Douala 5e, l’arrondissement où allait se tenir la manifestation. Pour rester «républicain», Me Manga Moussole, agissant pour le compte du président régional du Social democratic front (Sdf) pour le Littoral, avait saisi le juge administratif du tribunal de grande instance du Wouri, à l’effet  de faire annuler la décision du Sous-préfet de Douala 5e. Le député de Wouri Est avait indiqué dans sa déclaration au sous-préfet que la manifestation avait pour «but de sensibiliser les populations sur le fédéralisme et l’unité nationale du Cameroun». Et que «cette manifestation s’inscrivait dans le cadre des résolutions de la dernière réunion du comité exécutif régional tenu le 15 janvier 2017 à Douala ». 

L’avocat de Jean Michel Nintcheu avait d’ailleurs fait remarquer au chef de terre qu’il avait plutôt fait valoir une loi de 1990 portant sur le maintien de l’ordre. Au lieu de se référer à la loi de 1990  relative aux manifestations publiques. De plus, précisait la requête de l’avocat, la note d’interdiction ne mentionnait nulle part les raisons de l’interdiction. Et concluait qu’il s’agissait tout simplement d’un abus de pouvoir que le chef de terre devait corriger, pour préserver l’ordre public qui lui incombe de par ses attributions.

Dans une déclaration faite après cette interdiction, le président du comité exécutif du Sdf pour le Littoral rappelait «une fois de plus que les manifestations publiques des partis politiques sont régies par la loi de 1990 sur les libertés publiques qui prescrit le principe de déclaration et non d'autorisation. Réitère que la liberté de manifester et la liberté de s'exprimer sont des droits constitutionnels dans notre pays qui a par ailleurs ratifié plusieurs Conventions internationales notamment la Déclaration universelle des droits de l'homme et plus récemment la Charte africaine des droits de l'homme, de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Dénonce la forfaiture du Sous-préfet de Douala 5e  qui agit de toute évidence par procuration. Prend à témoin l'opinion nationale et internationale sur la partialité outrancière et les agissements rétrogrades du régime de Yaoundé qui s'entête, malgré tout l'arsenal juridique existant, à maintenir le système hideux et d'apartheid de deux poids deux mesures comme mode de sélection des partis politiques autorisés à organiser une manifestation publique».

Le président régional du principal parti de l’opposition camerounaise, malgré les arguments légaux qu’il disait avoir de son côté, avait manifestement décidé d’épuiser toutes les voies juridiques, avant de se lancer sur le chemin de la confrontation inévitable avec les forces de l’ordre. Des sources confidentielles avaient indiqué à La Nouvelle Expression que les autorités de Yaoundé avaient juré de réprimer avec la plus grande férocité les participants à cette manifestation. Ce que Jean Michel Nintcheu était d’ailleurs censé savoir, d’expérience. A ce jour, sa requête est restée coincée chez le juge administratif.

David Nouwou

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