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Le “footoir”, y’en a marre ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Par A. Mbog Pibasso   
Mercredi, 21 Décembre 2011 08:58

Les Camerounais, qui en passant, excellent dans tous les domaines de la vie, on eu tort de vouloir faire du sport en général, et du football en particulier, leur véritable ambassadeur. Certes, les différentes participations à la coupe du monde avec en prime, une place de quarts de finaliste, la

 

victoire aux Jeux Olympiques, les trophées continentaux en coupe d’Afrique des nations, les lointaines victoires en coupes africaines de clubs, ont porté très haut, l’étendard du football camerounais, et participé à inscrire en lettres d’or, le nom du Cameroun sur l’Olympe du sport panafricain et mondial. Sans doute de bons moments pour les Camerounais, des souvenirs intarissables, surtout que ces victoires sportives permettaient autant soit peu, aux citoyens, de substituer à la grisaille quotidienne, quelques moments de joie.Vous comprenez, il n’est nullement question pour nous d’insinuer que le Cameroun doit toujours gagner. Non même le Brésil qui est considéré comme la première puissance footballistique au monde ne l’a pas demandé, quand bien même le roi Pelé, meilleur joueur du monde de tous les temps selon la Fifa (Fédération internationale de football association) était au sommet de son art. Ce que demandent des millions d’inconditionnels des Lions indomptables, c’est que chaque fois que les joueurs portent la tunique Vert, Rouge, Jaune, qu’ils se donnent à fond pour l’honneur de la patrie. Ce que les Camerounais demandent, c’est qu’il y ait une bonne organisation au sein des instances appelées à gérer le football camerounais, qu’ils comprennent que bien que ce soit un jeu, le football est une grosse organisation qui ne s’accommode pas d’une gestion à la petite semaine.

Dissoudre la FECAFOOT

Aussi, la décision des joueurs de l’équipe nationale fanion du Cameroun, les Lions Indomptables de faire grève, et de boycotter dans la foulée, le match amical qui devait l’opposer à la sélection algérienne le 15 novembre 2011 à Alger pour une affaire de primes non payées, peut se comprendre. Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’encourager quelque rébellion que ce soit. Ces gars aiment sans doute l’argent. Mais, ils ne l’aiment pas au point de mettre leur avenir et celui de la sélection nationale en péril. Ils ont pris leurs responsabilités, celles de boycotter un match pour dénoncer l’irresponsabilité, l’incurie, la vénalité, la duperie, l’hypocrisie, l’incompétence, l’arrogance, la mal gouvernance, voire l’antipatriotisme des dirigeants de la FECAFOOT. Les joueurs de la sélection fanion ont voulu passer un message simple : l’échec de l’équipe dirigeante de la FECAFOOT, ce qui, en réalité, est un clin d’œil pour la haute hiérarchie de l’Etat pour qu’elle tire toutes les leçons de cette incompétence. Dans ce contexte, la traduction de certains cadres devant le conseil de discipline de la FECAFOOT ne devrait pas retenir l’attention du public, parce qu’il s’agit d’une mauvaise mise en scène qui ne devrait en aucun cas détourner les Camerounais de l’essentiel. Du coup, une question, et une seule mérite d’être posée : combien de crimes, je dis bien crimes, les gouvernants voudraient encore voir commettre la FECAFOOT et ses complices pour qu’ils se résolvent enfin à mettre fin à cet indescriptible capharnaüm ?

Certes, les Camerounais aiment le football, et en sont mêmes de véritables passionnés. Est-ce pour autant que ceux qui en sont chargés de sa gestion doivent se permettre tout ? Ceux qui dirigent le football camerounais savent-ils que sans le football les Camerounais vont continuer de vivre ? Le président de la République qui a été élu sur la base d’un programme de société et dont l’une des missions est de veiller au bien-être de ses concitoyens, devrait, au nom de cette onction du peuple, et sur les principes de la bonne gouvernance, de l’équité, de la justice et de la cohésion sociale mettre fin à l’impunité à la FECAFOOT, y compris, s’il le faut, la suspension ou la dissolution pure et simple de cette association sportive. Parce qu’ils ont lamentablement échoué, il faut changer les hommes qui dirigent actuellement le football camerounais. D’habitude, on dit qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Mais quel est donc ce pays, où on ne change pas une équipe qui perd, qui perd, et qui perd ? Le Cameroun serait donc un pays atypique où c’est la médiocrité qui est célébrée et récompensée ?  Pourquoi il est difficile pour les gouvernants de copier ce qui se fait de bien ailleurs ? Non ce n’est pas parce que «le Cameroun, c’est le Cameroun» que la médiocrité doit être célébrée en lieu et place de l’excellence. Sur ce point, nous ne réinventerons pas le monde. Seule et unique solution appropriée, il faut que les fossoyeurs du football camerounais rendent gorge. Il y va à la fois, de la crédibilité et de l’honneur du Cameroun. Leur maintien rendrait également complices les gouvernants de destruction d’un patrimoine national.

Batailles pour des prébendes

Pendant que la FECAFOOT et ses errements contribuent malheureusement à faire des Lions indomptables de véritables Lions domptables devenus le tam-tam des équipes sans envergure, le football au plan national, ne s’améliore guère. Au contraire, l’on assiste à sa descente aux enfers. Conséquence  d’une organisation calamiteuse de la fédération, mais aussi, traduction d’une gestion à la petite semaine des dirigeants. Ces derniers qui se battent pour le contrôle des prébendes poussent leur égoïsme trop loin au point de tuer malheureusement la poule aux œufs d’or. Les batailles fratricides dans quelques clubs mythiques suffisent d’avoir une idée sur l’ampleur du mal. Conséquence, le Canon sportif de Yaoundé, alias le «Kpa-Kum», l’Union sportive de Douala, alias « les Nassaras Kamakaï », le Tonnerre de Yaoundé surnommé “les Kalara boys”, ou la Dynamo football club de Douala encore appelée les «Bon ba Djob» ne disent plus grand-chose, ni à leurs supporters et sympathisants, encore moins, au reste du public sportif. Le quotidien des clubs camerounais est dominé par les exclusions et les contre-exclusions des membres, certains « dirigeants », de véritables  tueurs à gage, ne ménageant aucun effort pour « acheter » une partie de joueurs, pour que l’équipe perde des matches juste pour nuire le camp rival. Ce qui appelle, une meilleure codification des règles pour que le premier tondu ou le deuxième pêlé ne se proclame président ad vitam aeternam.

Dans un environnement aussi pollué, malsain, corrompu, et anti nationaliste, comment voulez-vous que les équipes camerounaises aillent à la conquête de l’Afrique et du Monde ? Comment s’étonner que le public ne parte plus au stade ? Pourquoi pérorer sur le départ précoce des talents ? Pourquoi se surprendre de l’élimination sans gloire des équipes camerounaises en compétitions internationales ? Les gouvernants qui ne ratent jamais l’occasion de s’approprier les victoires sportives savent ce qui les reste à faire : mettre de l’ordre aussi bien au ministère des Sports et de l’Education physique qu’à la FECAFOOT, et le reste suivra. Ne pas le faire, c’est apporter leur onction, à la mort du football camerounais et du mouvement sportif national.

(Cette chronique a déjà paru dans l’édition n°3108)

 

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