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Petits succès et gros échecs de l’année qui s’achève… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Par A. Mbog Pibasso   
Mercredi, 28 Décembre 2011 08:32

Plus que quatre jours et l’année 2011 rentrera définitivement dans l’Histoire. Une année qui s’achève avec ses petits succès et ses gros échecs. Une année finalement ordinaire, où la révolution tant attendue par des milliers de concitoyens n’a pas eu lieu. Conséquence, les

 

Camerounais vont entamer la nouvelle année avec les mêmes difficultés, sinon davantage : problèmes de nutrition, d’éducation, de santé, d’insuffisance d’eau potable et d’électricité, d’enclavement, de chômage, de malnutrition, d’insécurité, sans oublier, évidemment, les éternels maux comme la corruption, le favoritisme, l’affairisme, l’inertie, bref la mal gouvernance qui constitue un véritable obstacle au développement.

 

Il ne s’agit évidemment pas d’un scénario apocalyptique. Mais, les espoirs, voire les espérances de 2011 sont pour l’essentiel des déceptions ou des illusions sur lesquelles on pourrait difficilement fermer les yeux. Il est question maintenant de tourner la page et de se consacrer à l’avenir. Mais, de quel avenir parle-t-on ? Puisqu’il s’agit d’un avenir au présent, qui ne donne pas la moindre marge de manœuvres ni aux dirigeants qui aiment prendre tout leur temps comme si le temps suspendait son envol, encore moins à la population, celle-là qui lutte pour la survie, obligée malgré elle de subir les contrecoups d’une vie impitoyable. Pays de paradoxes, le Cameroun l’est sans doute, au point que c’est quand les gouvernants parlent par exemple de la baisse de prix des denrées alimentaires de consommation courante qu’on observe plutôt une flambée de prix sur le marché. Evidemment, face à l’inefficacité, mieux le manque de volonté de l’Etat à faire appliquer ses propres lois et règlements, c’est encore l’extrême majorité de la population, pauvre et appauvrie, qui paie le lourd tribut. Où est donc la justice sociale dans un pays dont les gouvernants se veulent un Etat de droit ? Lorsqu’on voit ce qui se passe dans les administrations et dans le quotidien des Camerounais, il n’est pas exagéré de dire que dans le Cameroun du XXIè siècle, l’homme est un loup pour l’homme.

L’élimination des Lions indomptables

Dans ce contexte, pourquoi récuser le nivellement des valeurs quand c’est la tête censée prêcher par l’exemple qui foule au pied les préceptes moraux et les lois et règlements de la République librement fixés ? Parce que l’espoir fait vivre, dit-on, on est en droit d’être optimiste. Optimisme parce que l’année 2012, d’après le pouvoir, est celle qui donne le coup d’envoi d’un Cameroun émergent au cours des prochaines années. Optimisme parce que le président de la République, en sa qualité de «grand timonier», a déclaré Urbi et Orbi que «dès janvier 2012, le Cameroun sera transformé en un immense chantier.» Une promesse «ferme» venant de la bouche la plus autorisée du pays, ceci lui confère forcément toute son importance, même si, autant le dire, après s’être longtemps abreuvés aux beaux discours, les Camerounais attendent plus que jamais que des actes, rien que des actes, et surtout des actes parlent en lieu et place des discours. Normal, face aux vicissitudes de la vie, où tout s’acquiert à presque prix d’or pour une population essentiellement pauvre et surfant même avec la misère, les Camerounais ont besoin d’être rassurés, d’être convaincus par la volonté des dirigeants de changer enfin, tant par le passé, la rhétorique a souvent triomphé sans plus. Avant de poursuivre avec les espoirs de 2012, un retour sur les déceptions de 2011 s’avère nécessaire, tout au moins, celles qui peuvent apparaître comme les plus significatives.

Peuple sportif, le Cameroun l’est jusqu’à la moelle épinière. Surtout, lorsqu’il s’agit du football et des Lions indomptables, naguère dignes ambassadeurs du Cameroun à l’étranger. 2011 restera dans l’histoire des Camerounais comme une année difficile sur le plan sportif, où le football camerounais a inexorablement continué sa descente aux enfers. Une élimination sans gloire pour la coupe d’Afrique des nations (Can) qui se joue dès janvier 2012 aux portes du Cameroun, en l’occurrence au Gabon et en Guinée Equatoriale. A cause de l’éternelle inorganisation entretenue par le ministère des Sports et  de l’Education physique (Minsep) et la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), les Lions indomptables, quadruples champions d’Afrique, quarts de finaliste de la coupe du monde et médaillés olympiques, n’ont pu obtenir leur ticket de qualification dans un groupe où les adversaires étaient pourtant à leur portée. C’est dire qu’avec les échecs successifs en 2010 à la Can, en Angola, et à la coupe du monde en Afrique du Sud, le football qui permettait naguère aux Camerounais de chasser un tant soit peu la grisaille quotidienne, a plutôt contribué à les maintenir dans l’angoisse. Les contradictions, les crocs-en-jambe, les atermoiements, la guerre des clans et les règlements de comptes observés actuellement à la Fecafoot ne plaident point qu’on garde espoir pour une renaissance du football, véritable religion au Cameroun. De quoi être plutôt inquiets à quelques semaines du début des éliminatoires pour la prochaine coupe du monde prévue en 2014, au Brésil.

L’élection présidentielle

L’élection présidentielle du 9 octobre fait aussi partie des actes manqués de 2011. Un processus électoral qui avait tout pour gagner en transparence et en crédibilité, mais qui a été entaché d’irrégularités, du fait des acteurs politiques qui n’ont pas joué à fond leurs rôles. S’il est vrai que le déroulement de l’élection n’est pas de nature à récuser la réélection de Paul Biya, il convient de signaler qu’Elections Cameroon (Elecam), qui était à sa première expérience en matière d’organisation d’élections, n’a pas été à la hauteur de la tâche. L’élection présidentielle, c’est aussi l’entêtement de certains responsables du parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), à réaliser un score absurde de 100% dans leurs localités respectives. D’où des fraudes constatées çà et là, qui ont porté un préjudice au scrutin. Des insuffisances lors de la présidentielle d’octobre dernier, c’est également l’amateurisme politique des leaders de l’opposition qui, au-delà du slogan «Paul Biya must go», ne se sont nullement présentés aux Camerounais comme une alternative à la politique du Renouveau national. Le manque d’engouement des Camerounais à remplir leur devoir civique et citoyen le 9 octobre 2011 est révélateur de leur désintérêt grandissant pour la politique telle qu’elle est pratiquée actuellement dans notre pays. Que peut le gouvernement des «grandes réalisations» formés le 9 décembre dernier par Paul Biya ? Les Camerounais l’attendent à pied d’œuvre.

Comme l’espoir fait vivre, les Camerounais ont bon espoir que les choses vont évoluer en 2012. D’abord, en dépit du spectre de la hausse des impôts avec ce que cela a comme répercussions sur la société, que la vie soit moins chère. Ensuite, que les vastes chantiers promis deviennent effectivement une réalité, ce qui devrait permettre la création d’emplois et entraîner un relèvement de la consommation. Que 2012 qui pointe déjà à l’horizon soit également une année où le Cameroun va renouer avec le succès : qu’il soit sportif, diplomatique, culturel, social, économique ou politique. Justement en parlant de politique, notre souhait est que les élections législatives et municipales de juillet 2012 soient celles qui, définitivement, par le sérieux de l’organisation, la transparence et la fiabilité des résultats, permettent au Cameroun d’entrer définitivement dans l’ère de la démocratie, celle-ci étant une antichambre de la bonne gouvernance, elle-même préalable au développement et au progrès social.

Bonne année 2012 à tous les Camerounais.

Mise à jour le Mercredi, 28 Décembre 2011 09:30
 

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