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Quand le Gabon et la Guinée équatoriale parlent au Cameroun… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Par A. Mbog Pibasso   
Mercredi, 15 Février 2012 09:49

Exit la vingt-huitième Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football qui s’est déroulée du 21 janvier au 12 février 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale avec une belle victoire des TCHIPOLOPOLO de la Zambie. Une consécration continentale qui sonne comme une sorte de revanche sur

 

l’Histoire, quand on sait qu’il y a bientôt deux décennies, exactement le 27 avril 1993, ce qui était alors l’équipe nationale zambienne, fut décimée dans un crash d’avion au large des côtes gabonaises. Sans pour autant mettre de côté les qualités techniques et tactiques des nouveaux champions d’Afrique, ne serait-ce que pour cette « réparation » du destin, cette victoire zambienne est très belle, très symbolique et porteuse d’espoir. Et parce que l’espoir fait vivre, on garde aussi l’espoir pour la sélection nationale du Cameroun, absente de la CAN après une élimination sans gloire. Une élimination pas forcément occasionnée par un coup de sort, ou parce que sportivement les nôtres n’étaient pas à la hauteur d’une qualification, mais, davantage, à cause d’une inorganisation dans la gestion du football camerounais, qui ne permet pas hélas, que le football soit pratiqué dans la sérénité au pays du maréchal Joseph Mbappé Leppé.

 

 

 

Un géant au pied d’agile ?

Cela dit, la CAN qui vient de s’achever aux portes du Cameroun, apparaît à plus d’un titre comme un cours magistral administré par les « petits » Gabon et Guinée équatoriale au « grand » Cameroun. Oui, le Cameroun est le grand voisin de ces deux pays, de par la taille de sa population, et de par l’étendue de sa superficie. Dans l’un et l’autre cas, il faudra multiplier plusieurs fois la population et la superficie communes de ces deux pays pour égaler le Cameroun. Vue sous cet angle, le Cameroun est un géant, qui plus est, le pays « le plus puissant de la sous région », concentrant la moitié du Produit intérieur brut (PIB) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Des indices qui sont loin d’être de simples agrégats économiques, mais qui montrent que sur le principe, il ne devrait pas avoir photo entre le Berceau de nos ancêtres et ces deux voisins. Pourtant, la réalité quotidienne, et en la matière, les faits sont têtus comme on le dit en journalisme, voudrait que cette suprématie du Cameroun soit relativisée. Sans véritablement s’étendre sur plusieurs secteurs d’activité, l’on se limitera uniquement sur le volet sportif et footballistique principalement, en ouvrant une petite fenêtre sur l’état des infrastructures et en questionnant un peu la gouvernance sportive.

Aussi, convient-il d’abord de relever que depuis que le Cameroun a organisé la 8è CAN en 1972, notre pays n’a plus jamais abrité une compétition sportive majeure. On a même le sentiment qu’un tel objectif ne fait pas partie des préoccupations des gouvernants et des gestionnaires de notre sport roi. En réalité, on peut comprendre cette attitude timorée des autorités camerounaises à s’engager dans cette voie. Sinon comment le Cameroun pourrait-il se porter candidat à l’organisation de la CAN sachant pertinemment que ce pays, quadruples champions d’Afrique, quart de finaliste à la Coupe du Monde et médaillée d’or aux Jeux olympiques ne dispose pas d’infrastructures sportives adéquates pour accueillir une compétition de cette envergure ? Pourquoi demandez au Cameroun de se porter candidat à l’organisation de la CAN quand on sait que ce qu’on peut qualifier de « grands stades », en l’occurrence, le stade omnisport Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, le stade de la Réunification de Douala et le stade Roumdje Adja de Garoua ne disposent pas de toutes les installations pouvant accueillir des compétitions de cette nature ? Doit-on penser que d’incessants rappels à l’ordre de la Federation internationale de football association (FIFA) au sujet de la décrépitude des infrastructures sportives au Cameroun soit simplement de l’acharnement ? Le Cameroun ne va pas quand même organiser la CAN pour convier les gens à jouer sur les terres nues poussiéreuses ou boueuses, où des habitations et des arbres avoisinants serviront de tribunes aux spectateurs. C’est vrai que les Camerounais n’ont pas honte, mais dans ce registre, ils ont compris qu’ils feraient mieux de la boucler quand les « petits pays » peuvent se permettent d’organiser à tour de rôle, les compétitions sportives continentales.

Infrastructures sportives surannées au Cameroun

Les jeunes de moins de vingt-cinq ans qui  représentent plus de la moitié des vingt millions de la population camerounaise ne savent pas ce que s’est que jouer un mach de football en nocturne. Pour beaucoup, à travers la télévision, ils ont, à partir de la récente CAN compris qu’on pouvait jouer au football en pleine Afrique centrale même jusqu’à minuit. Quant à leurs aînés, il faudra remonter à la fin de la décennie 80 pour se souvenir d’une pareille ambiance dans un stade de football au Cameroun. La raison, on la connaît ; Des arènes qui tiennent lieu de stades ne sont pas éclairés. Demander aux jeunes, fans des Lions indomptables évidemment, de vous dire ce qu’on appelle tableau électronique dans un stade de football au Cameroun relève de la pure provocation, puisque personne ne sera en mesure de donner la bonne réponse. Les vestiaires, ou ce qui en tient lieu, sont généralement utilisés comme lieux de toutes les pratiques répréhensibles, l’air de jeu, quand il est gazonné ressemble davantage à un lieu de chasse, tandis que les tribunes populaires, les fameux virages ou Shabba pour rester dans le jargon local, sont des endroits escarpés, où des fissures sur l’édifice sont de nature à décourager même les plus irréductibles des supporters. On attend peut-être que ces amas de béton mal entretenus fassent une hécatombe pour réagir.

Parce que la répétition est la mère des sciences, nous disons avec force aux fossoyeurs du football camerounais, ce football, pourtant l’un des meilleurs ambassadeurs du pays, de se repentir, ou de changer de job avant qu’il ne soit trop tard pour eux. Oui, même l’inertie dans les instances gouvernantes a un temps. Il y aura un moment où des patriotes, habités par une volonté de donner fière allure à ce pays, siffleront la fin de la recréation. Evidemment, les coupables rendront gorge. Ce que nous disons là, ne saurait s’apparenter à de simples jérémiades des concitoyens meurtris dans leur chair et dans leur âme de voir un gang de fieffés menteurs détruire au vu et au su de tous, un patrimoine socioéconomique, politique et culturel d’un peuple. Non, que ceux qui pensent avoir pris le football camerounais en otage pour leur propre gloriole sachent que le temps de rendre gorge n’est plus loin. C’est une question de mois, de semaines, de jours, sans doute. En attendant de reprendre la main, l’on ne peut que féliciter le Gabon et la Guinée équatoriale qui ont relevé le défi de l’organisation de la CAN, mais aussi, en dotant leurs pays d’infrastructures modernes, qui ne se limitent pas seulement aux stades de football, mais vont jusqu’à l’aménagement urbain, les télécommunications, les infrastructures hôtelières... Il s’agit là des acquis qui restent et qui font la fierté de ces pays. Aux dirigeants camerounais, nous disons qu’il n’y a aucune honte à imiter ce qui est bien, même si ce sont « les plus petits » que soit qui donnent le ton.

Mise à jour le Mercredi, 15 Février 2012 10:39
 

Commentaires  

 
0 #1 leo 16-02-2012 10:09
ce message vraiment tres flateur qu ils ne jouent pas aux aveugles il n est jamais trop tard pour rien qu ils prennent conscience quand il est encore temps il n y a pas de bonne oeuvre qui s oublie cette oeuvre restera eternel et ferra signe de temoignage de ceux la qui sont passeeeees

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