| Shalom ! |
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| Écrit par A. Mbog Pibasso |
| Mercredi, 22 Février 2012 10:13 |
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souvent, la culture est ce qui reste quand on a tout oublié, quand on a tout perdu. Et parmi les éléments culturels qui déterminent l’identité, voir l’authenticité d’un peuple ou d’une communauté, figure la langue. Généralement appelée langue maternelle, elle occupe une place de choix dans l’éducation et la valorisation de la culture, d’autant que c’est la langue qui porte le message, nomme les personnes et les objets, et leur donne toutes les connotations au gré des circonstances. Mieux que le nom, la race, la taille, les habitudes ou le timbre vocal, la langue constitue sans doute, un indicateur essentiel à partir duquel, l’on peut se déterminer. C’est dire toute la place qui revient aux langues nationales dans une société en pleine mutation comme le nôtre, où la rencontre entre la civilisation occidentale et la civilisation locale est loin d’être complémentaire, la première ne faisant pas de mystère sur sa volonté non pas seulement de domestiquer, mais d’annihiler carrément les langues nationales, malheureusement desservies par l’histoire et la géographie. Dans un pays comme le Cameroun, véritable mosaïque culturelle où l’on dénombre quelque deux cent cinquante groupes ethniques, pour autant de langues, la situation est encore plus complexe
La langue maternelle Pourtant, dans un autre contexte, cette richesse linguistique nationale procurerait plus de biens que de méfaits. Et pourtant, cet incommensurable trésor, qui renforce le caractère « d’Afrique en miniature » du Cameroun est malheureusement dilapidé de part et d’autre, de la cellule familiale à l’ensemble de la communauté nationale, en passant par les gouvernants qui peinent à définir et à implémenter une véritable politique visant la valorisation de l’identité culturelle du pays découlant de la promotion de la langue maternelle. S’il était donné de mener un sondage en demandant aux Camerounais s’ils savent s’exprimer en leurs langues, il est indéniable que l’on devrait être surpris par la nature des réponses. Et si par la suite on leur demandait s’ils savent lire et écrire leur langue maternelle, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’on friserait la catastrophe, au regard du nombre sans cesse décroissant des Camerounais qui ont une bonne maîtrise de leur langue maternelle. Il s’agit de cette catégorie de Camerounais capables de parler, de lire et d’écrire en langues nationales. En tout état de cause, s’il est vrai que les responsabilités ne sauraient être identiques dans la destruction d’un des plus importantes richesses culturelles du pays, il reste constant que tout le monde a sa part de responsabilité dans la déperdition des langues nationales. La situation est encore plus complexe dans les villes, où les enfants s’expriment difficilement en langues nationales. S’il est vrai que le fait de côtoyer les enfants des autres cultures constitue forcément un frein à l’éclosion des langues locales, étant donné que les uns et les autres ne sauraient vivre en vase clos, il convient également de signaler que l’un des premiers obstacles à la valorisation des langues nationales se situe au niveau des parents eux-mêmes. Ceux-ci, qu’ils soient issus d’un mariage interethniques ou non, ont plutôt la propension à s’exprimer uniquement en langues officielles, ce qui, naturellement, ne facilite pas la tâche aux enfants. La situation est même dramatique quand certains compatriotes estiment que s’exprimer en langues nationales est un élément dévalorisant, tant ils sont nombreux qui ne pourraient librement échanger avec un frère en langue. C’est peut-être vrai que les attardés mentaux et les marchands d’illusion pourraient rapidement les tancer de tribalistes. Mais, enfin, qu’est-ce qui est mauvais d’échanger de civilités en langues pour des frères, des amis quand ceux-ci se retrouvent ? Ce serait leur faire un mauvais procès que de vouloir les enfermer dans un sectarisme qui n’existe pas. La situation est d’autant préoccupante que chacun semble prendre conscience du danger que représente la disparition des langues nationales. Mais curieusement, personne ne veut véritablement mener le combat pour que cette richesse culturelle ne disparaisse définitivement. Des pays africains en exemple Depuis quelque temps, le gouvernement parle de l’introduction des langues nationales dans le programme scolaire. Un projet « révolutionnaire » qui tarde malheuresement à se concrétiser à cause des pesanteurs liés au fonctionnement de l’administration d’une part, et aussi au peu d’engouement des citoyens à s’impliquer pour cette bonne cause, d’autre part. Et comme si cela ne suffisait pas, la bêtise camerounaise est venue compliquer encore la donne, chacun voulant que ce soit « sa » langue qui soit retenue, comme s’il était possible d’enseigner les deux cent langues à tous les Camerounais. Certains ont pensé qu’il fallait opter pour une régionalisation des langues nationales pour avancer. Ceci devrait permettre par exemple d’enseigner le Foulfouldé dans la partie septentrionale du pays, l’Ewondo dans le Centre, le Bassa dans le Littoral, le Maka à l’Est, le Medumba à l’Ouest, où encore le Bakweri dans le Sud-Ouest…Sauf que, pendant que les Camerounais s’enferment dans des considérations partisanes découlant d’un tribalisme primaire et pernicieux, ce qui plombe évidemment toute démarche dynamique et évolutive, ailleurs, les choses bougent et avancent véritablement. Aussi, le Sénégalais ne se priverait pas bêtement de parler le Wolof parce qu’il est Sérère, le Centrafricain ne trouverait aucun mal à parler le Sango quel que soit son origine, de même que le Congolais ne s’en priverait pas du Lingala sous prétexte qu’il est Mai-Mai. Voilà les gens qui ont compris la nécessité de promouvoir leurs langues nationales, sans s’enfermer dans des détails sans consistance qui ne permettent pas d’avancer. Pourtant, il faut que les choses avancent. Raison pour laquelle, il convient d’encourager les rares initiatives existantes, à l’instar du Collège Libermann à Douala qui, depuis des lustres, dispose d’un programme destiné à l’enseignement des langues nationales, en l’occurrence, le Bassa et le Duala. Qu’on se comprenne bien, le problème n’est pas celui d’ériger forcément une langue nationale comme troisième langue officielle du pays, mais d’encourager toutes les initiatives, privées ou communautaires, qui participent à l’éclosion, à la promotion et à la valorisation des langues camerounaises. Dans un monde l’uniculturalisme occidental, il est plus que temps de mettre un accent sur la valorisation de nos langues, des les sauvegarder en mettant un point d’honneur sur l’écrit. Contrairement aux matières premières ou aux produits de base, là, au moins, les Camerounais ont encore une chance d’être maîtres de leur destin. Parce que la langue maternelle constitue une richesse unique et particulière de la civilisation camerounaise et africaine, sa conservation doit être inhérente au vécu des Africains.
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| Mise à jour le Mercredi, 22 Février 2012 11:03 |



En lieu et place de Bonjour, Goog morning, où encore le bien nommé Shalom, j’aurai pu dire, Mè yéga bé, Mé labtè, Mbolo et que sais-je encore, tant le Cameroun regorge d’une inépuisable richesse linguistique, et dont on aurait en principe aucune raison d’en faire la fine bouche. Comme on dit