| Grosse déception nationale :Comment Françoise Mbango lâche la mère patrie |
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| Écrit par Edmond Kamguia K. |
| Jeudi, 17 Février 2011 11:09 |
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Celle qui a fait et continuait de faire la fierté du pays ces dernières années dans le domaine de l’athlétisme a franchi le Rubicon. Dans un entretien récemment accordé à Rfi, Françoise Mbango Etone prend une position que beaucoup redoutaient. Aller en compétition internationale non plus pour le Cameroun, mais pour un autre pays. Pas n’importe lequel : la France qui ne cessait de la harceler, qui lui faisait une cour assidue depuis de si nombreuses années !
« Je sauterai pour la France »
Françoise Mbango Etone n’a jamais été aussi claire et déterminée, ses réponses aux questions de Radio France internationale (Rfi) sont vexantes, blessantes et cinglantes pour ses compatriotes : « la seule chose qui me préoccupe c’est de savoir si je sauterai encore pour le Cameroun. Çà, je suis sure d’une chose, c’est non (…) Ce que je sais c’est que je ne sauterai plus pour le Cameroun. Aujourd‘hui, je sauterai pour la France ». C’est ce qu’a dit Françoise Mbango, naturalisée française, l’air dépitée par tout ce qu’elle a connu ou vécu dans ses rapports avec les structures et autorités sportives du Cameroun. A la question de savoir ce qui motive sa décision, elle affirme avoir « un million de raisons. Ils m’ont prouvé (les autorités sportives du Cameroun) par tous les moyens qu’ils n’avaient pas besoin de moi. Je sais ce que je fais », a ajouté la terrible Françoise Mbango.
Elle estime être fier pour beaucoup de personnes qui l’ont toujours encouragée et souligne avoir pour principal objectif la défense de son titre de championne olympique en 2012, à Londres. «C’est le plus grand défi de ma carrière, l’objectif le plus immédiat », a indiqué Françoise Mbango qui compte beaucoup sur le fait qu’elle rejoint aujourd’hui « une équipe qui est assez organisée, l’administration de la fédération, moi je me concentre à m’entrainer ».Elle est convaincue de pouvoir travailler dans de meilleures conditions avec « une famille plus professionnelle qui considère plus des valeurs, qui sait apprécier les choses à leurs justes valeurs », a dit Françoise Mbango.
La patrie n’a pas de prix
A propos des valeurs, Françoise Mbango devrait avoir l’intelligence de reconnaitre que la patrie n’a pas de prix. La décision de Françoise Mbango de porter les couleurs de la France soulève des questions éthiques et morales. Françoise Mbango a peut-être oublié la grande sollicitude et la magnanimité du président de la République et du gouvernement à son égard, les nombreux encouragements des institutions bancaires, des sociétés et entreprises, les gestes de nombreux bienfaiteurs et le soutien moral et fraternel de l’ensemble de ses compatriotes ? Que vaut le patriotisme d’une athlète camerounaise qui change de nationalité dans la perspective de bénéficier d’une meilleure préparation, de glaner plus de médailles et de jouir d’une retraite convenable dans la patrie d’adoption ? Françoise Mbango a pris la décision de lâcher son pays, la mère patrie, sans se soucier ni de la portée de son acte ni de ce que penseront tous ses compatriotes. Est-ce que Françoise Mbango se souvient de la manière dont elle a été acclamée, lors du tour du Cameroun effectué dans les différentes régions du pays après son dernier exploit? Se souvient-elle des bénédictions reçues des parents, des chefs religieux et traditionnels et des nombreuses populations massées le long des routes pour la voir passer? Les manquements de l’administration de la fédération camerounaise d’athlétisme suffisent ils pour justifier la grave décision de Françoise Mbango, icône de l’athlétisme africain que le chef d’Etat avait pourtant érigée en modèle pour la jeunesse dans certains de ses discours ?
De modèle à contre exemple
Double médaillée d’or au triple saut, Françoise Mbango a réalisé un bond de 15, m 30 aux jeux Olympiques d’Athènes en 2004. A Beijing, le 17 aout 2008, Françoise Mbango a amélioré sa performance par un saut historique de 15, m 39 qui lui permettait de nouveau de se hisser à la première place du podium. Elle veut réussir pour la troisième fois le même exploit en 2012, mais cette fois sous les couleurs de la France. On peut se poser des questions. Pourquoi choisir la France et pas un autre pays d’Europe ou d’Amérique ? Pourquoi maintenant et non pas avant d’avoir glanée une ou deux médailles olympiques ? Pourquoi Françoise Mbango n’a t elle pas continué à résister à la pression de la France ?
Françoise Mbango devrait savoir ce que la France représente dans l’esprit et la mémoire collective de nombreux camerounais nationalistes. Françoise Mbango aurait aussi du savoir qu’elle n’appartient plus, ni a elle-même, ni a sa famille, mais au Cameroun.A force de travailler et de persévérer dans l’effort, la citoyenne Françoise Mbango a rendu heureux ses compatriotes en faisant chanter l’hymne national et flotter les couleurs nationales dans de nombreuses arènes dont Athènes et Beijing. Elle est un patrimoine du Cameroun qui n’est pas à vendre ni à concéder. Elle fait la fierté du pays qui l’a vu naitre. A son niveau de compétition caractérisé par d’énormes enjeux symboliques, changer de nationalité peut s’apparenter à une trahison ou au reniement de son pays d’origine. Françoise Mbango gagnerait à faire une introspection, à redécouvrir le sens profond des choses et de la vie, le sens des vraies valeurs fondatrices d’une société modèle, d’une nation et d’une République.
Un modèle de la jeunesse ne change pas de nationalité comme on change de robe ou de vêtement. Un modèle de la jeunesse ne change pas de mère patrie. Un citoyen patriote n’a qu’une mère patrie qu’il ne saurait abandonner parce qu’elle est pauvre et très endettée ou parce qu’elle connait trop de dysfonctionnements. Pour ne l’avoir pas compris, Françoise Mbango, notre héroïne nationale, devient un contre exemple pour la jeunesse camerounaise en mal de repères.
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La double médaillée d’or du triple saut aux jeux Olympiques de 2004 et 2008 a décidé d’abandonner
Commentaires
Une bonne frange de la jeunesse est derrière toi et soutient ta décision.
Si ça pouvait faire bouger les dinosaures politiques au moins. On est tous fatigués. Le Cameroun a besoin du sang neuf, sinon d'autres Mbango se signaleront les années à venir.
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