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Bafoussam :Un assureur se donne la mort par pendaison PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Blaise Nzupiap Nwafo   
Lundi, 20 Février 2012 08:57

Le corps sans vie de Nicodème Brice Happi Monthe a été retrouvé vendredi suspendu au bout d’une corde dans la cage des escaliers qui conduisent dans son appartement et ses bureaux. Jusqu’à jeudi nuit, Nicodème Brice Happi Monthe était encore directeur d’agence de Bafoussam de la compagnie

 

d’assurance Colina Life Cameroon. A la surprise générale, son corps a été découvert très tôt dans la matinée de vendredi, aux environs de 5 heures, suspendu au bout d’une corde. Le drame est survenu en l’absence de son épouse qui était en déplacement et n’est retournée à Bafoussam que cette matinée là. C’est d’ailleurs son épouse qui, du retour du voyage, va faire la découverte macabre au moment d’amorcer les escaliers qui desservent non seulement leur appartement, mais aussi les bureaux de Colina Life Cameroon. Sa masse corporelle bloque pratiquement l’entrée de l’immeuble. Les membres de la famille du défunt et les voisins sont alors alertés, ainsi que les éléments de la brigade de gendarmerie de Djeleng V. Après les premières enquêtes, la corde est sectionnée et le corps déposé dans ses bureaux en vue de l’autopsie. A en croire les premiers témoins à arriver sur les lieux, le corps ne présentait pas de sévices. La langue n’était non plus pendue comme c’est souvent le cas dans des situations similaires. Aux environs de 22 heures, le défunt aurait téléphoné à Flore, l’une de ses filles à la maison, alors qu’il se trouvait encore dans un débit de boisson au lieu dit Auberge, un milieu ambiant situé à quelques centaines de mètres de la maison. Sous le choc, la désormais orpheline a préféré ne pas trop s’attarder sur cette conversation qui serait cependant d’une importance capitale dans les enquêtes à mener. Ce qui a fait penser qu’il était en train de chercher le courage dans les profondeurs des bouteilles de bière pour accomplir son acte. D’autres personnes attestent même l’avoir vu adossé sur le véhicule, à l’entrée de l’immeuble. L’hypothèse d’un quelconque assassinat serait cependant à écarter.

 

 

 

«Il y a de cela quelques semaines comme il est rentré de Douala, après une réunion de service, nous dire qu’il devait démissionner pour s’installer à son propre compte. Nous n’avions pas très bien compris les mobiles de cette décision parce qu’il est un ancien dans cette agence ici à Bafoussam. Tout le temps que nous avons passé ici, il avait toujours une bonne mine», rapporte la bailleresse. Dans le même sillage, d’autres confidences font savoir qu’il aurait été viré de l’entreprise mais faisait plutôt savoir  aux siens qu’il allait démissionner, sans réelle motivation. C’est en poursuivant nos investigations qu’une voisine nous fait constater qu’il n’y a pas de cela longtemps comme la place de ce bureau d’assurance a été refaite. «Son numéro de portable qu’il y avait sur la plaque n’existe plus. Vous voyez qu’il n’y a qu’un téléphone fixe là-bas. Nous ne comprenons pas pourquoi tout cela», s’interroge-t-elle. D’autres sources proches de la famille font état de ce qu’une bonne partie des affaires de Nicodème Happi se trouvait déjà à Bana, son village natal, avant sa pendaison. Tout laisse donc penser qu’il s’agirait d’un acte prémédité. Seul un audit des services dont Nicodème Brice Happi Monthe avait la charge permettra de déterminer s’il n’a pas voulu se voir rattraper par un défit de gestion. Le corps a été transporté, quelques heures après, à destination de Bana, dans le département du Haut-Nkam, pour inhumation ; conformément à la tradition Bamiléké qui voudrait que ce genre de personne soit inhumée comme un paria, du moment où il n’a pas respecté sa dignité humaine de son vivant.

 

Mise à jour le Lundi, 20 Février 2012 09:32
 

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