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Recherche scientifique La promotion Francis Hallé sur le terrain PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Christophe Mvondo   
Jeudi, 03 Février 2011 09:34

Cinq lauréats du master biodiversité et environnement végétaux tropicaux ont reçu le nom de baptême de leur promotion : Pr Francis Hallé, ancien professeur de biologie végétale à l’université de Montpellier.

 

 

 

« On ne saurait sous-estimer l’importance des plantes pour un pays comme le Cameroun et pour les régions tropicales en général. C’est pour cela que c’est très important d’avoir un enseignement spécialisé dans ce domaine. En tant qu’ancien enseignant de botanique tropicale à Montpellier, je suis extrêmement satisfait que cet enseignement reparaisse ici au Cameroun. » Ainsi s’exprimait hier, 2 février 2011, au sortir de la cérémonie de baptême de la deuxième promotion du Master Biodiversité et environnement végétaux tropicaux, qui porte son nom.

Dans son cours inaugural, le Pr Francis Hallé a fait savoir qu’il y a une différence entre la botanique des régions tropicale est différentes de celle des régions tempérées. Dans les régions tempérées à altitude moyenne, la biodiversité est confrontée à des aléas physiques (neige, vents violents, sècheresse, feux de brousse). Il n’y a donc pas de facteurs biotiques mais des facteurs physiques qui influent sur la botanique en zone tempérée.

Dans les régions tropicales ou de basse altitude, les facteurs physiques n’agissent pas. Ce sont plutôt des contraintes biotiques (mimétisme, compétition, co-évolution de plantes, parasitage).

Aux étudiants et aux lauréats du jour, il a rappelé que les forêts tropicales regorgent l’essentiel de la biodiversité mondiale. « Vous êtes ici à la meilleure place. »

Mais le point d’orgue de la cérémonie d’hier, 2 février 2011, était le baptême

de la deuxième promotion du master « biodiversité et environnement végétaux tropicaux » (BEVT). Il s’agit d’un troisième cycle international mis en place dans le cadre du Fond de Solidarité prioritaire Sud Experts Plantes (SEP).

Ce projet apporte un appui aux structures de recherche et aux programmes d’enseignement, et finance par appel d’offre, plusieurs projets scientifiques favorisant les synergies Sud-Sud, Sud-Nord et interdisciplinaires.La promotion baptisée hier « promotion Francis Hallé » est composée de  cinq lauréats : un Camerounais, deux Français, un Congolais, et Malgache.L,’ de France au Cameroun qui présidait la cérémonie a souligner que « ce Master sert…un grand enjeu; le travail à l’échelle mondiale sur la biodiversité est une nécessité. L’accord établi en octobre dernier au Japon dans le cadre de la conférence des parties de la conférence des parties de la convention sur la biodiversité biologique, que l’on appelle le protocole de Nagoya, en est une preuve. »

 

Dans son allocution, il a révélé que le France va mettre à disposition, une enveloppe de 5,37 milliards de Fcfa pour l’appui aux projets de recherche et la vulgarisation des résultats de la recherche. L’une des raisons de la mobilisation de la France dans ce projets de recherches c’est la protection de la biodiversité, un enjeu mondial discuté dans les grands fora internationaux et auquel, la France entend jouer les premiers rôles.

 


 

Réaction :

 

Bruno Gain, ambassadeur de France au Cameroun:« La recherche va de paire avec la dynamique de croissance et d’emploi »

 

Vous avez évoqué lors de votre discours, un important fonds destiné à la recherche dans le cadre du C2D. A quoi va-t-il servir concrètement?

 

 

Ce n’est pas nouveau, c’est dans le cadre du deuxième C2D; nous avons effectivement un financement de 5,37 milliards de Fcfa et ce financement sera consacré à la recherche. Nous avons mis un peu de temps pour mettre au point les modalités administratives de ce financement et maintenant c’est parti  en quelque sorte.  J’ai eu une séance de travail avec la ministre de la recherche pour examiner les modalités concrètes de mise en place de ces fonds. Ça concernera à la fois le financement des  projets dans le domaine de recherche en agronomie en partenariat avec l’Irad, le financement du fonds compétitif qui permettra de financer des projets de recherche. Nous sommes très heureux qu’il y ait cette composante. La recherche c’est quelque chose d’essentiel qui va de paire avec la dynamique de croissance et d’emploi et nous avons surtout la volonté d’orienter ces fonds vers une recherche appliquée qui soit directement en liaison avec les besoins économiques du pays.

 

 

Il y a un point d’honneur sur la protection de la biodiversité. Pourquoi cet intérêt?

 

Parce que c’est un enjeu essentiel pour la planète parce que chaque année, il y a des centaines d’espèces qui disparaissent. Le Cameroun est un pays d’où la biodiversité est particulièrement riche et c’est pour cela que nous avons estimé qu’il était important de mener à partir du Cameroun, de mettre en place à partir du Cameroun ce programme d’enseignement qui a une vocation régionale. Vous avez vu les étudiants du Congo, de Madagascar. On aura encore d’autres pays comme le Benin, nous avons à travers ce nouveau Master, les partenariats avec l’Université Cheik Anta Diop du Sénégal, avec des universités françaises. Un partenariat sera bientôt noué avec l’université libre de Bruxelles. Bref, c’est un projet qui se développe si bien que nous dépassons maintenant le seul plan régional pour avoir une sorte de Master à vocation internationale à partir du Cameroun. Donc nous sommes particulièrement fiers de cette politique…pour un pays qui veut promouvoir son développement, qui veut avoir un avenir ne peut pas se désintéresser de la recherche, notamment la recherche en matière de botanique. C’est un élément parmi d’autres à ne pas négliger et nous sommes tout à fait heureux de ce partenariat avec l’université de Dschang, de Yaoundé et avec les universités de la région pour développer cette expérience universitaire pédagogique qui est intimement lié à la recherche. Comme le disait le Recteur de l’université de Dschang, on ne peut pas dissocier recherche de l’enseignement supérieur. La solution c’est que les deux fassent une même pièce.

 

                                                                                          Propos recueillis par Christophe Mvondo

 

 

 

 

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