Elles sont passées de plus d’un milliard à 905 millions F Cfa. Le sujet était à l’ordre du jour de l’assemblée générale des promoteurs d’établissements privés laïcs du Littoral, le 25 janvier 2012. Le secteur privé occupe une place particulièrement significative dans l’offre éducative
camerounaise, puisqu’il scolarisait, en 2007 – 2008, 63 % des effectifs du préscolaire et 22 % des enfants du primaire, selon un rapport d’experts chargés de l’élaboration du manuel de procédures de la composante «contractualisation de l’Etat avec les acteurs du secteur privé de l’éducation «du programme Cd2-éducation», réalisé en2010. Le même rapport indique que l’offre éducative du secteur privé se caractérise néanmoins par une grande disparité régionale : le privé formel ne représente que 5,10 %.
Les participants à l’assemblée générale des promoteurs d’établissements privés laïcs du Littoral ont noté, au cours de la première rencontre de l’année en cours, tenue dans la salle de conférences de développement de la pêche maritime, à Mboppi, que les problèmes demeurent. La promulgation de la loi du 14 avril 1998 d’orientation de l’Education au Cameroun, l’élaboration d’une stratégie sectorielle en fin 2003, la scission du Mineduc en deux ministères distincts en fin 2004 : le ministère de l’Education de base (Minedub) qui couvre les cycles maternel et primaire, et le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) couvrant les premier et second cycles de l’enseignement secondaire général et technique, sont autant de changements qui ont profondément bouleversé le paysage éducatif camerounais de ces dernières années.
Malgré ces changements positifs, le secteur de l’enseignement privé en particulier se trouve toujours dans une situation critique, l’Etat s’étant partiellement désengagé de son financement dans la loi du 17 décembre 1987 «fixant les règles relatives aux activités des établissements scolaires et de formation privés».
Ce texte indique en effet que des subventions sont «éventuellement» allouées au secteur «dans la limite des moyens disponibles». Cette disposition s’est traduite en pratique par une fluctuation inconsidérée et une baisse des transferts de l’Etat au privé qui sont passés de 7,4 milliards F Cfa en 1987 à 3 milliards F Cfa dans les années qui ont suivi pour remonter à 4 milliards F Cfa à compter de 2000, et rechuter à 3 milliards de 2006 à 2009. Au cours de l’année scolaire 2010/2011, les établissements privés laïcs, par la voix du syndicat, disent que la subvention est passée de 1,4 milliards à 905 millions F Cfa. Ce qui a provoqué de graves difficultés financières aux promoteurs d’établissements scolaires privés.
De Jean Simo, président national du Syndicat des promoteurs d’établissements privés laïcs, à André Tchoualeu, président régional dudit syndicat, en passant par Samuel Keou, fondateur d’école et Bertin Pategou, lui aussi fondateur, la réaction est la même en ce sens. Cette baisse vertigineuse de la subvention étatique sonne le glas de certains établissements qui ont déjà pas mal de difficultés. Ils pensent qu’ils ont déjà assez fait pour l’Etat, en l’aidant à construire des bâtiments pour recevoir les enfants et qu’en retour, il devrait simplement revoir à la hausse cette subvention comme elle s’observe au niveau du confessionnel. «Il y a baisse de subvention certes. Mais on trouve des établissements qui ont plus que d’autres, et on ne sait pas sur quel critère on leur attribue cette subvention. Il faut que l’Etat subventionne de manière exponentielle et équitable», plaide Samuel Keou en faveur du syndicat, avant d’inviter le président à multiplier des rencontres sur le terrain, dans le but de favoriser l’adhésion des fondateurs au syndicat.
Barthélemy Basson, le secrétaire à l’éducation de cet ordre d’enseignement pour la Littoral , a invité le groupe à l’union des forces, pour rendre plus efficaces les actions syndicales sur le terrain.
En parcourant ce rapport, on note que les infrastructures et les équipements sont, en règle générale, très dégradés, le personnel enseignant démotivé et le secteur étouffé par un écheveau de dettes croisées qui mettent en péril sa survie et son fonctionnement régulier. A titre indicatif, la dette cumulée des enseignants catholiques et protestants est estimée à 23 milliards F Cfa ; les subventions de l’Etat allouées à ces deux ordres d’enseignement, mais non versées, sont évaluées à 7 milliards F Cfa.
André Tchoualeu a saisi l’occasion pour dresser le bilan de l’année écoulée, en déroulant le plan d’action 2012 mis en route.
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