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Mototaxis :L’anarchie continue à Yaoundé PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Yannick Mbazoa   
Mercredi, 01 Février 2012 08:55

Malgré la publication d’un arrêté portant délimitation de leurs zones d’activité le 12 janvier dernier, les conducteurs de mototaxis continuent de violer le périmètre urbain qui leur est interdit dans un bras de fer qui fait des victimes parmi les benskineurs. La Cuy annonce des mesures fortes.

C’est par Arrêté municipal n° 005/Cuy/Dts/12  signé du Délégué  du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), le 12 janvier 2012, que  Gilbert  Tsimi Evouna  a mis en exécution la mise en garde lancée aux opérateurs de ce secteur lors de la dernière réunion de crise de décembre 2011. Arrêté qui fixe les limites de circulation des mototaximen et les conditions d’exploitation de leurs motos. Mais deux semaines après la publication de cet arrêté, l’article 2, portant délimitation des zones de circulation, est totalement ignorée par nos benskineurs. L’article interdit aux motos de franchir les points suivant : carrefour Mvog-Mbi, carrefour Olezoa, Boulevard de la Réunification, carrefour Emia, gare routière de Yaoundé ouest à Mokolo, sous-préfecture de Tsinga, rond point Bastos, carrefour Tongolo, hôpital général et hôpital Gynéco-obstétrique de Yaoundé, stade Ahmadou Ahidjo, carrefour Oilibya Essos, carrefour Coron. Sur le terrain, c’est plutôt le contraire. Loin de la sous- Préfecture Tsinga, les motos s’offrent encore le luxe de se retrouver au rond point Warda, à la nouvelle route bastos. Du côté de Mokolo, elles vont jusqu’à l’hôpital central.  Loin du carrefour EMIA et de la réunification, on les retrouve dans tous les axes de Ngoa Ekelle, jusqu’à la messe des officiers. Côté Essos, l’activité s’étend jusqu’à Mvog Ada. Les routes Mont febe, ambassade de Grèce, flamenco-golf interdite à la circulation connaisse toujours le ronflement quotidien de cette « deux roues ». En somme, la majorité des axes proscrits connaissent toujours le bal des motos. L’article 2  n’est pas le seul à être ignoré dans cet arrêté. Les articles 5 et 3 portant respectivement attributions des couleurs des gilets par arrondissement et fixant l’exercice de l’activité dans l’ère territoriale semble ne pas exister pour eux. Approché, Ivan Djoussi mototaximan exerçant à Odza, déclare «je ne suis même pas au courant de cet arrêté. En plus le délégué ne veut pas nous faciliter la tâche. S’il faut seulement travailler dans les zones à nous indiquées  on ne pourra pas s’en sortir… » Continuant dans la même lancée Olivier Manga benskineur à Mbankolo justifie cette violation du fait que les agents de la communauté ne respectent pas ces zones «Ici à Mbankolo, nous sommes libres de circuler. Mais même dans les sous-quartiers où nous sommes habilités à fonctionner, ils viennent toujours nous arrêter, pour voir si nous sommes en règle. C’est impossible dans ce cas de respect les zones de délimitation». Pour certains usagers, la mesure est la bienvenue. «Certes les motos sont responsables de plusieurs accidents de circulation, mais dites nous comment faire parfois avec tous ces embouteillages. J’habite Nkoabang et je dois être au lycée au plus tard à 8h, trouver un véhicule c’est parfois difficile. Je suis obligé de prendre une moto qui peut facilement me déposer à la pharmacie de l’unité » explique Jeanne institutrice. «C’est une bonne nouvelle on va un peu respirer dans le centre ville. Ces motos nous mettais déjà mal à l’aise» rétorque un taximan. En attendant qu’une mission de contrôle soit mise en place, afin de veiller à l’application de ce nouvel arrêté, les motos continuent à affluer le centre urbain.


Chief René NGUIMO NTONEFOR K.: Président du SYNAMOTAC :«C’est la conséquence d’un manque de dialogue»

Aujourd’hui les gens ont l’air de croire que les mototaximen sont têtus. Qu’ils violent par volonté les décisions prises par la hiérarchie, et pourtant c’est tout le contraire. La faute revient surtout à la communauté urbaine de Yaoundé qui confond la loi de 1990 portant régime des associations et celui de 1992, portant organisations des syndicats. Quant ils ont décidé de prendre ces décisions, ont-ils fait appel à un syndicat ? Ils font seulement appel à quelques associations qui n’ont rien à voir avec le régime syndical. Quand il y un problème a-t-on déjà un jour fait appel à une association ? Non. C’est le syndicat qui est porte parole d’un quelconque travailleur. Un exemple lors de la dernière réunion avec le délégué du gouvernement il a clairement déclaré qu’il n’avait rien à faire avec les syndicats. Donc c’est un problème de dialogue. 
 
Jean Claude TSILA. Préfet du Mfoundi :« Nous passerons à la phase répressive »

Nous ne pouvons nous permettre de donner la latitude à tout un chacun de faire comme il veut. Raison pour laquelle le délégué du gouvernement et moi avons décidé de mettre sur pied cet arrêté. Pour que les uns et les autres sachent que le Cameroun est un pays de droit. Il ne faudrait pas confondre liberté et libertinage. L’arrêté signé est pour le bien de tous et pour la sécurité de tous les citoyens de la cité capitale. Mais malheureusement loin des mototaximen, les syndicats sont les premiers à fouler nos décisions au pied. Donc nous sommes encore en phase d’observation et d’ici peu nous passerons à la phase répressive. Puisque nous ne pouvons nous permettre de mettre sur la balance la sécurité des personnes et de leurs biens. Une réunion sera organisée dans les jours à venir et nous déciderons de la date du début de la répression.
 



 

Mise à jour le Mercredi, 01 Février 2012 11:02
 

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