L’audience criminelle du Tribunal de Grande instance du Mfoundi a repris ses audiences mardi dernier. A l’appel, Otélé Essomba se fend sur ses prétendus bourreaux.Après la déposition de l’ambassadeur Gérôme Mendounga à l’audience du 18 janvier dernier, c’était autour de Otélé
Essomba de prendre le relais dans le box des accusés pour sa déposition. Il a choisi l’option de déposer sous serment sur la bible.Otélé Essomba Hubert Patrick Marie, 44 ans, administrateur de sociétés, est inculpé de coaction de détournement de deniers publics, tentative de détournement de deniers publics d’une somme de 1.5 milliards de FCFA. Consécutivement au marché public passé entre la société «Aircraft portofolio Management LTM» A.P.M). Otélé Essomba, faut-il le rappeler, était à l’époque des faits, le responsable Afrique centrale de cette société basée à Londres. La somme querellée était destinée, parmi tant d’autres virements, à l’acquisition d’un avion pour le déplacement du président de la république. Il a été détenu suivant mandat de dépôt du 06/08/2008, prorogé le 05/02/2009. Cela fait exactement 1272 jours que ça dure, d’après les propos de l’accusé.
Aucune responsabilité pénale
Dans son «Examination- in- chief», Otélé Essomba devait se défendre sur la charge principale qui été retenue contre lui. A savoir, le virement le 13 mai 2003 par la Snh d’une somme de 2.286.735€ américains, soit environ 1.5 milliards de nos francs, en faveur de la société ANSET pour le compte de la défunte Camair. La société Anset est basée à Londres. Elle est chargée de la location des aéronefs. L’accusé a soutenu qu’il n’était pas au courant de cette transaction, car, n’étant pas à Yaoundé, ni à Londres. A cette date, a-t-il martelé, brandissant des pièces à conviction à la main, j’étais à Paris (France). Il ajoutera, pathétique, qu’il n’a été mis au courant de ce virement qu’en 2008 lors de l’enquête préliminaire de la police. Bref, il a clamé à plusieurs reprises son innocence dans cette cause. Il a «imploré» le tribunal en ces termes : «dans cette accusation, je n’assume aucune responsabilité pénale ».
Mais, l’accusé est revenu longuement sur les sociétés écrans, une dizaine, crées pour les besoins de la cause par certains responsables de la Camair et de l’administration, notamment Yves Michel Fotso et l’ancien ministre Marafa Hamidou Yaya. Ces deux personnalités ont été abondamment citées au cours de la déposition de Otélé Essomba. Le but avoué, a-t-il précisé à grands traits, étant de ponctionner les fonds de cette société citoyenne. Il s’est appesanti, plus de deux heures d’horloge, sur le «le mécanisme» mis en place «abattre» la Camair. Plus concret, il dévoilera que chaque société écran disparaissait (dissoute) après avoir atteint son objectif, c’est-à-dire, soutirer quelques milliards aux dépens de notre compagnie nationale.
Atangana Mebera, présent à l’audience, n’a pas déposé. L’ambassadeur Mendouga, souffrant et ne pouvant plus suivre sereinement la suite des débats, a sollicité la suspension de l’audience.
La prochaine audience est programmée pour le 15 février 2012.
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